30 août 2008

Un savoir-dire

« Je m’appelle Socrate. Parce que j’ai dit un jour que je ne savais rien, les gens en ont conclu :

1) que je n’avais rien à dire

2) que c’est aussi parce que je ne savais rien que je me suis mis à interroger les autres.

Ils n’ont pas assez remarqué :

1) que je sais une chose que je ne sais rien qui a toute son importance en matière de dire aux autres.

2) que c’est en raison de l’importance de cet unique savoir que je me suis mis à interroger les autres.

3) que je n’ai pas cherché là à simplement m’informer je l’aurais fait auprès des dieux, sinon de personnes ou autres institutions compétentes mais ai quêté auprès du savoir-faire des gens du monde : soldat, artisan, médecin, etc.

Si j’étais un artiste, je pourrais tout aussi bien dire ceci :

« Je ne sais rien. Et donc, puisque je n’ai rien à vous dire,

Venez simplement puiser dans mon œuvre ! ».

Mais je n’interrogerais pas les autres si j’avais pour désir de créer sans eux. « Je ne sais qu’une chose, c’est que je ne sais rien » veut dire :

« Je cherche un savoir-faire à plusieurs en matière de dialogue. »

Car le savoir seul, en effet, n’y pourvoit pas ; il informe, souvent émerveille, mais il parle tout seul. Celui qui s’en pare et le sert en guise de dialogue trompe son interlocuteur ; le savoir n’est qu’un moyen de faire savoir, d’émerveiller, de convaincre, de s’étendre, voire de s’auréoler pas de s’entredire. »


(Billet afférent : savoir est relation)

1 commentaire:

joruri a dit…

J'ai su.
Le savoir est un objet. Il reste inerte tant qu'en s'entredonnant il ne devient pas jeu.
lancer une balle ne suffit pas. Il faut un renvoyeur.
Je ne sais pas veut à mes yeux encore dire que: "Ce que je sais ne suffit pas. Quoi que je sache je ne sais encore toujours pas. je n'ai pas de doctrine. Mais j'ai des jouets."