1 nov. 2008

Le gendarme de la communication

Le verbe savoir relève d’un croire implicite à l’en-soi réel (...) sur la base d’un Etre formel. Rattaché à l’en-soi, il est cette instance, ce statut, ce « rang de parole » qui peut se permettre de dire sans laisser supposer qu’il relève d’un croire. *

Il est cette légitimité accordée au dire qui peut s’en réclamer, d’énoncer ce qui est. Ce langage de l’en-soi, c’est la possibilité offerte aux hommes d’entreprendre, sur des bases solides, un commerce de la réalité.

Ontologie contractuelle.


La Raison officielle, ça n’est pas seulement un ensemble de moyens rationnels en vue de savoir, de justifier le statut de ce croire si particulier et de fonder la science, c’est aussi une façon de nous entredire du « solide », du « fiable », du « sûr », c’est-à-dire d’imposer silence à tout ce qui ne l’est pas, et de contraindre ainsi tout homme à vouloir s’assurer de toute chose avant de la dire aux autres et d’exiger d’eux, réciproquement, des garanties pour tout ce qu’ils pourraient vouloir lui faire savoir.


Le verbe savoir règlemente le marché du dire …
Savoir, c’est déjà de la communication.


[Pas étonnant, dans ces conditions, qu’un profond désir de savoir la vérité anime en chacun de nous le besoin … de dire aux autres ! Ou bien est-ce l'inverse ?]


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(*) « L’être » c’est ce qui ne veut pas changer (Agora). En tant que c’est ce qui s’arrête ou est arrêté, on comprend son lien, plus qu’étroit, avec la recherche d’un dire lui-même fixe, assuré, certain. Le (vouloir) dire qui se nomme savoir exige(ait) « l’être » …

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1 commentaire:

joruri a dit…

Le besoin... de VIVRE aux autres ?
Si je souhaite être entendu sur une mienne conception, c'est en vue du partage RECIPROQUE de tout ce qu'elle inspire, suscite, active en Moi/nous.
le mot de code est Djoling. c'est beau hein ?