9 nov. 2008

S’affirmer ou s’effacer ? (L'artiste et le fidèle)

L’artiste affirme-t-il son moi tandis que le fidèle s’efface ? Le premier occupe l’espace physique, le second veut finaliser l’espace de l’inter-dire humain en vue de la vérité, en vue du sens. L’un est au monde et crée, l’autre cherche les conditions auxquelles se soumettre et soumettre les autres hommes : un dire qui fasse autorité, qui soit légitimé à faire savoir.*

Mais le sens du monde ne va pas sans faire violence à tout être au monde …


Affirmation du moi, effacement du moi ces deux positions tranchées méconnaissent l’alternative au moi qu’offre la conscience de dire-être au monde et la volonté afférente de dire-être aux hommes comme tout ce qui est. Une légèreté certaine accompagne tout état d’âme créatif, une conscience qui se déjoue du moi, qui ne cherche pas à le négocier car elle a mieux : le soi.

Le soi anonyme mais bien présent !


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(*) Bien sûr, montrer qu’on s’efface soi-même devant quelque hypostase pour mieux s’affirmer devant les autres (comme chef, fidèle serviteur, porte-parole, prêtre, etc.) est un grand classique de la volonté de puissance. Pour occuper l’espace, il est bon d’occuper les esprits, de passer par le langage, de montrer à l’envi l’exemple de la soumission qu’on cherche à inspirer. En matière de savoir objectif, tout psychologisme même sera considéré comme mauvais procès d’intention, en dépit de la psychè de chacun.

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2 commentaires:

Joruri a dit…

j'ai connu des chrétiens qui étaient asservis à "la vérité qui rend
libre " !
D'esclaves du mal ils devinrent esclaves du bien...
Ils étaient à genoux, je restais debout. Ils étaient "serviteurs", j'étais fils. Et comme de juste, nous nous sommes séparés... :)

(Le code à écrire pour moi est "picre" ! Quel joli mot !
j'adore. )

joruri a dit…

"ces deux positions tranchées"
Pardonne-moi, mais on peut sans doute trouver toute une kyrielle de positions intermédiaires. Ta DESCRIPTION est tranchée, tu l'as voulu telle, un peu caricaturale. Peut-être içi tombes-tu, et ce n'est pas là un grief, dans le travers que tu critiques: déformer la réalité pour faire passer une "vérité"... ?