29 nov. 2008

Le liant du monde

Dans un monde humain cognisciste chaque homme demande à l’autre des preuves. Il lui demande une légitimité de ses propos, une justification de ce qu’il fait, de ce qu’il veut - et l'autre s'empresse. Par exemple, dans ce comportement à l’égard d’autrui qui se traduit par un discours, chacun des protagonistes doit en permanence se montrer rationnel, sain d’esprit, donner les références, etc. Dans ce contexte, la preuve qu’on avance pour étayer ce qu’on a à dire est en quelque sorte le démiurge pris à témoin du lien existant a priori entre notre verbe savoir et la réalité. La preuve n’est pas une simple marque d’autorité, elle est une figure maîtresse de l’Etat d’esprit, elle anime l’inter-dire :


Les êtres humains doivent sans cesse se confirmer les uns les autres le monde dans lequel ils vivent…
(1)
Si l’inter-dire n’est pas le monde, celui-ci sans celui-là ne saurait exister.

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(1) Ca n’est pas la moindre des découvertes que de s’apercevoir que nous sommes comme cet esquimau dont parle I. Meyerson, rapportant que lui et son peuple parlent pour que le monde continue d’exister.

1 commentaire:

joruri a dit…

Tu places toujours le savoir dans une position extrinsèque vis à vis des hommes; comme un petit mauvais esprit, pourtant, l'envie de savoir est pour eux une réalité intrinsèque.
Ce que tu dis de la demande de preuves est très bien observé, qu'est-ce que c'est ch...C'est bête, ça me rappelle Léo Férré et son "poètes, vos papiers"...
L'esquimau a l'intuition du Logos, du verbe, dirait-on.